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Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 19:14

Souvent incomprise à l’extérieur de nos frontières, à tel point que le mot est intraduisible dans la plupart des autres langues et reste souvent utilisé « en français dans le texte », elle n’en est pas moins mise à rude épreuve à l’intérieur même du territoire national.

Sa définition rigoureuse dans le dictionnaire est simple : « Système qui exclut les Eglises de l’exercice du pouvoir politique ou administratif… » Larousse (Edition 2006). 

Une autre définition me parait importante à utiliser pour mieux en comprendre les enjeux modernes et ainsi définir son avenir. Tirée du Livret Blanc de la Laïcité  rédigé par le GODF, elle semble plus symbolique et criante d’exactitudes : « La laïcité s’appuie sur deux piliers : l’éthique (la liberté absolue de conscience) et le statut civique (séparation des Eglises et de l’Etat) ». Elle établit strictement la différence entre deux univers distincts : l’intérêt général et la conviction individuelle. »

Fondamentalement républicaine et spécifique à notre pays, elle est institutionnalisée en France en 1905. Ce voulant novatrice, elle s’est inscrite dans la continuité des idées révolutionnaires, du progrès social et la libéralisation des esprits en vue de sceller sa valeur au pacte républicain. Tirée des leçons de notre histoire, ses partisans ont démontré l’intérêt de cette idée dans une société en marche voulant s’émanciper de toute forme d’obscurantisme, de pensée ou croyance unique et dans le but de promouvoir et de défendre le principe de liberté absolue de conscience nécessaire à l’épanouissement de des citoyens.

Véritable statut civique et social, son champ d’application recouvre tous les aspects de la société en reposant sur la distinction claire, pour chaque citoyen, entre une sphère publique et une sphère privée. " =>La sphère privée, personnelle, celle de la liberté absolue de conscience, et où s’exprime les convictions philosophiques, métaphysique, les croyances, les pratiques religieuses éventuellement et les modes de vie communautaires.                                                                                              =>La sphère publique, citoyenne, celle où le citoyen évolue socialement, économiquement, politiquement, juridiquement. Les règles en sont clairement définies et basés sur les Droits de l’Homme. Aucun groupe, aucun parti, aucune secte, aucune église, ne peut prétendre pénétrer, à fortiori capter à son profit, le fonctionnement de la société républicaine ainsi définie. »

Lorsque l’on a assimilé ce statut civique, juridique et institutionnel, on comprend mieux la morale qui en découle. Les principes de la tolérance mutuelle et de respect des autres et de soi même. Et on comprend d’autant mieux son rôle éthique au sein de notre société.

La Laïcité vise à donner les moyens à l’homme d’acquérir une totale lucidité et une pleine responsabilité de ses pensés et de ses actes. Elle se veut garante de l’égalité des droits et l’égalité des chances, la véritable justice sociale.

Tout ce ceci ne veut pas dire que la République nie les appartenances communautaires où les croyances religieuses. Elle refuse l’implication d’une suprématie idéologique ou de culte dans la gestion de l’Etat. Pour se faire, elle ne favorise aucun culte, aucune communauté. L’Etat respect et veille à l’exercice des libertés individuelles de chacun, à l’ordre publique et à l’harmonie sociale entre les citoyens. Tous égaux devant la loi sans distinctions de races, de couleurs ou de cultes.

 

 

 

Alors, aujourd’hui, la laïcité est elle pleinement satisfaite ? Est-ce que chaque citoyen de France à le droit à la liberté d’expression, corollaire de la liberté absolue de conscience ?

La réponse est non. L’idée de laïcité est loin d’être universellement acceptée.

Nous en voulant pour preuve :

- La remise en question de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, par le Ministre de l’Intérieur qui a récemment créer une commission visant à réforme.

- La restriction géographique inadmissible de l’application de la loi, puisqu’il subsiste encore des concordats sur le sol national (Alsace Moselle, Guyane, TOM)

- L’intervention de l’appareil judiciaire pour régler notamment des problèmes liés àdes pratiques communautaires (port du voile islamiste dans les écoles de la république par exemple).

- Les pressions de groupes d’influences ou religieux sur les progrès de la science.

 

- La libre disposition de son corps n’est pas encore reconnue, respectée et toujours controversée par des groupes de pressions et idéaux religieux (IVG, contraception…)

- La volonté de limiter la liberté d’expression des minorités

- Le manque de conviction et la mise en œuvre encore trop timide du droit de l’égalité des chances notamment dans les écoles de la République.

- Le manque de fermeté du pouvoir politique vis-à-vis des groupes de pressions économiques, religieux et idéologique.

- Le désintérêt national parfois désobligeant face à la question laïque et la protection de nos principes fondamentaux.

- L’accroissement considérable des pressions communautaires et religieuses à tous les niveaux de la république qui induit une déstabilisation considérable de la conviction individuelle et de l’intérêt général

- La monté toujours plus important de l’antisémitisme

- La confusion de la citoyenneté et du nationalisme qui révoque la mobilisation du premier par peur du second.

 

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, nous devons dès aujourd’hui comprendre que la laïcité n’est pas une notion passéiste mais au contraire une idée de progrès dont les multiples champs d’application s’ouvrent à elle. Elle est le plus sûr garant de la paix civile. Elle permet l’insertion, la reconnaissance et le respect de citoyen. Elle prône la liberté individuelle et le respect de l’intérêt général. Parce que la République est l’affaire de tous, la laïcité doit être défendue et protégée pour que chaque puisse jouir de ce droit à la liberté absolue de conscience. Pour les générations à venir reconnaissent encore à la laïcité, la tolérance mutuelle et l’harmonie sociale des citoyens. Pour que demain encore, La laïcité soit action et volonté, voire résistance ; résistance à la facilité du renoncement, au confort de la pensée unique.

Dans ce combat, plusieurs mouvements associatifs se regroupent. Pour vous informer et participer à nos côtés à ce rassemblement citoyen, nous vous proposons de prendre note de quelques liens sur le web.

Le G.O.D.F

http://www.godf.org/comm_p_detail.asp?num=61

pour recevoir gratuitement par mail le livret blanc de la laïcité du GODF

contactez nous : citoyenen2006@hotmail.fr

L’humanité : un article sur la commission Stasi

http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-12-12/2003-12-12-384396

Le CLR

http://www.laicite-republique.org/association/index.html

Entamons dès aujourd’hui un grand débat national et une réflexion nécessaire à la sauvegarde de nos droits fondamentaux.

Par Citoyen de France - Publié dans : DE LA LAICITE
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